Soumis N. : Avant ma première séance avec Maîtresse Caly

Maîtresse Caly,

Je Vous envoie bien tardivement un message.
Le temps a passé à une telle vitesse depuis notre entrevue.
Pas moyen de me libérer facilement le soir, le week-end, d'avoir un peu d'intimité pour me replonger tout entier ce fameux jour. Ajouté à cela une activité professionnelle plus que pressante et malheureusement une nécrologie un peu trop chargée à mon goût.
Aussi je vous présente mes plus plates excuses de soumis pour l’énorme retard que j'ai mis à répondre à Votre ultime exigence et espère que Vous m’accorderez votre pardon.
Je Vous avais promis de Vous écrire un beau message, alors je vais tenter de tenir enfin ma promesse, le voici...Et comme Vous me l’avez dit au sujet de l’attente, plus c'est long, plus c'est bon!
Le rendez-vous que Vous m'avez accordé a été un moment extraordinaire et absolument exceptionnel. J'ai adoré. J'ai tout adoré.
J'ai pris une sacrée claque. Une nouvelle fois. J'ai vécu un plaisir intense et indissimulable.
Le monde du BDSM est malheureusement pour moi bien caché, trop bien caché au fin fond de ma tête. Les obligations familiales, une épouse assez hermétique à ces pratiques, le quotidien désespérant et déprimant de conventionnalité m'empêchent de vivre pleinement cette facette de ma personnalité. Dommage pour moi.
Une incursion de l'autre côté de cette barrière invisible est une joie, un véritable émerveillement, un plaisir des sens.
A la suite d'un premier  rendez-vous raté, j'étais assez déçu de ne pas avoir pu vous rencontrer. Assez frustré même. Un temps, j’ai même pensé renoncer. Un temps très court seulement car j'étais bien décidé à Vous rencontrer dès que l'occasion se présenterait à nouveau.
L’assurance avec laquelle Vous écrivez et Vous Vous adressez à moi, ont fini de me convaincre définitivement.
L'occasion de m'évader de mon quotidien s'est représentée, alors je l'ai saisie. Coûte que coûte et quelles qu’en soient les conséquences…
Une petite poussée d’adrénaline à chaque passage dans ma messagerie secrète à lire Vos messages, un fois, puis une autre, puis encore une autre … A chaque fois, mon cœur bat plus vite, plus fort, je le sens raisonner brutalement dans ma poitrine à mesure que je frappe les lettres de l’adresse mail puis le mot de passe… jusqu’à ce que je découvre chacun de Vos messages. Difficile de contenir mon empressement et ma joie. Et pourtant il le faut à chaque fois. Les joues, les oreilles chauffent, l’estomac se noue, et l’internet ne va jamais assez vite. Je frémis. Je me déconnecte enfin, manœuvre salvatrice avant que la surveillance de mon épouse ne reprenne. Juste à temps pour afficher un article du Parisien.
Les jours ont passé ainsi. Et puis, le jour du rendez-vous est enfin arrivé.
Le matin, je me suis préparé, un sourire aux lèvres rien qu'à penser au programme de la journée... bien que ne sachant pas du tout ce qui allait m'arriver.
Me calmer, c’est le principal. Ne pas vendre la mèche ensuite. Ma douce et tendre ne doit se douter de rien du tout. Il faut noyer ses soupçons. 
Un regard dans le miroir, puis un sourire malicieux. Me voilà prêt.
Je quitte la maison, la tête pleine de questions, d'envies, de craintes aussi, mais enthousiaste.
Je contiens mon excitation au plus profond de moi.
Je n'arrête pas de penser à ce rendez-vous, l'instant où je vais Vous rencontrer : une porte s'ouvre et ... et après c'est l'inconnue.
Cette idée me dévore, j'en frémis, puis j’en tremble, le reste du monde n'existe plus.
Dehors je marche, je me rapproche du lieu.
A l'intérieur, je bous, je suis très loin de la réalité qui m'enveloppe au quotidien.
Cette fois, les Dieux seront avec moi, je le sens.
J'ai mangé au Mac Do et durant ce modeste repas car il faut rester léger et en pleine forme, j'ai regardé, amusé, le reste de la salle. Personne ne sait ce que j'ai en tête et ça me fait sourire.
Me voici maintenant assis à mon bureau.
Je dois apporter une dernière touche et je pars. Dans le métro qui m’emporte, les idées se bousculent. Qui est-Elle ? Qu’a-t-Elle en tête ? Qu’est-ce qui m’attend derrière cette porte ?
Mieux vaut avoir des remords que des regrets. Ce tourbillon s’évanouit soudain, je dois descendre de la rame car je suis arrivé.
Je me hâte d’aller reconnaître la rue. Je suis en avance, et la rue est déserte. Je fais demi-tour et m’engouffre dans une boutique, histoire de passer le temps.
Soudain le téléphone sonne, l’émotion monte brutalement de plusieurs crans car je reconnais Votre numéro. Je dois répondre. Absolument. La première sonnerie se termine, je prends une grande inspiration et je réponds.
« Bonjour c’est Maîtresse Caly. Tu n’as pas oublié Notre rendez-vous ?»
- Bonjour, Maîtresse Caly. »  Je masque ma bouche pour parler. « Non je n’ai pas oublié du tout. Je suis dans les parages ».
Je me détends, je crâne un peu, mais je n’en mène pas large. Je dois me rendre devant Votre immeuble. Je pars sur le champ.
Trop heureux de l’heure avancée, je rappelle votre numéro pour annoncer mon arrivée.
Et c’est malheureusement un nouveau faux pas. Je n’ai pas bien compris. L’heure c’est l’heure et avant l’heure, c’est pas l’heure ! Ce sera 15 heures, comme convenu.
Je me confonds en excuses. Quel c… Je ne sais plus quoi faire. J’espère ne pas Vous avoir vexée en étant trop empressé.
J’ai le souffle court. Et peu fier, je déserte Votre rue une nouvelle fois.
Le rendez-vous est-il maintenu ? Oui car il n’est pas annulé. Je me rassure comme je peux.
Un chewing gum pour me calmer ? ça marche un peu.
Je marche, mais trop vite, je ralentis, puis reviens sur mes pas, après un « pointe-toi à 15 heures pétantes ».
La pression monte. Le souffle court, je m’exécute. Le rendez-vous est maintenu. Ouf !
14h55, je suis à proximité. Je prépare la réponse sur le portable. 14h58, plus de faux-pas, je n’ai pas de jocker. Je m’approche de la porte. 14h59, je suis devant la porte de l’immeuble. Un dernier regard sur le texte, 15 heures mon doigt appuie sur la touche, le SMS est envoyé.
Les yeux rivés sur l’écran guettant une réponse, j’entends le claquement de la serrure de la porte d’entrée que je m’empresse de pousser. Puis celle du le sas.
Je peux encore reculer mais je n’en ai pas du tout envie, j’avance avec un mélange d’excitation, d’inquiétude et de fascination.
Je dois descendre et en bas sur la porte il y a le bandeau que Vous avez préparé et je dois le mettre sur mes yeux.
Je décide de prendre l’escalier. Marche après marche...
Plus que 2, je prends de grandes respirations, plus qu’un… j’aperçois le bandeau posé sur la poignée.
J’ai imaginé ce moment si souvent : je suis sûr que je vais me mettre bien devant la porte pour me préparer à taper facilement, une fois le bandeau enfilé.
En silence, je m’arrête le plus près possible de la porte. En même temps, je répète le mouvement de frappe d’une main, puis j’enfile le bandeau.
Je n’ai pas le temps de taper ou de faire quoi que ce soit d’autre, car dans le noir, j’entends le claquement de la serrure, puis je devine la porte s’ouvrir d’un coup.
Je me fige. Je ne peux plus décider de ce qui va se passer dès maintenant, car sans un mot, Vous m’avez déjà saisi fermement les mains et Vous me faîtes entrer dans Votre donjon.
Je sens mon cœur battre. Privé de la vue, tous mes autres sens sont en alerte.
Je perçois Votre respiration calme qui me rassure.
En quelques pas, je suis mené selon un parcours bien précis qui aboutit à un tapis sur lequel Vous m’ordonnez de m’agenouiller.
La suite, Vous la connaissez : je m’apprête à passer un des plus incroyables moments de mon existence de soumis, totalement dévoué et en attente de satisfaire Vos moindres ordres et fantaisies.
Ce moment absolument exceptionnel a eu lieu et je suis toujours ému et chaviré rien que d’y penser. Même encore aujourd’hui et pour très longtemps.
J’ai savouré chaque instant passé à Vos pieds. J’ai apprécié Votre maîtrise parfaite de toutes les techniques et surprises que Vous avez déployées lors de cette toute première séance : les liens étaient fermement serrés et parfaitement ajustés, Vos pieds étaient tout simplement magnifiques et délicieux. J'ai regretté uniquement que le masque ne me permette pas d'ouvrir plus la bouche pour les accueillir à Votre aise. La douleur et l’humiliation que Vous m’avez infligées m’ont totalement fait perdre tout repère, le tout enchaîné à un rythme endiablé. Je n’ai pas vu le temps passer jusqu’à la fin de la séance (qui est arrivée bien trop vite).
Depuis, j’ai très envie de Vous retrouver.
Aussi, je formule à nouveau le vœu de Vous rencontrer cette année, afin de Vous montrer mon dévouement et ma soumission. Et cela peut Vous donner l'occasion de me faire passer toute envie de tarder à Vous répondre!
J’embrasse tendrement vos merveilleux pieds.
Soumisement.
N.

***************

Cher N.,
En effet, ton debrief aura été long à venir mais il est sans doute préférable d'analyser et de ressentir les mots avant de les poster, je suis un peu lasse de ces soumis qui écrivent ou parlent  sans savoir, sans être convaincus, sans talents qui plus est... De ces gens sans profondeur comme il en existe trop de nos jours !
J'ai eu plaisir à te recevoir, tu as une sensibilité très forte et je pense que tu ne devrais pas regretter que ta vie personnelle ne te permette pas d'explorer plus en avant tes penchants.
Personnellement, je pense que les sensations les plus rares sont aussi les plus précieuses, on pourrait les comparer aux diamants.
J'ai connu bien des hommes et des femmes qui, avec l'usure du temps, n'arrivaient plus qu'à se confondre dans la médiocrité d'un quotidien sans saveur, ils auraient pu devenir des diamants mais, par facilité, se sont transformés en  zirconium. 
Je suis une passionnées et j'attends de mes rencontres qu'elles me procurent des émotions pures, insolites, merveilleuses, extraordinaires...Mon coeur  est devenu avare de son temps et de son énergie, aussi il n'aspire plus qu'à des moments  surprenants, palpitants, rarissimes.
C'est parce que notre rencontre a été unique que tu seras le bienvenue à mes pieds dés que le moment sera opportun.
Considères-toi aussi privilégié que notre entrevue n'a été magique car je n'accepte, aujourd'hui, que de très rares soumis dans mon donjon, ma vie étant déjà bien trop fournie pour me permettre de perdre encore du temps avec des personnalités trop banales pour m'apporter satisfaction.
A 40 ans, je ne veux plus que la fabuleuse, la luxuriante, la désirable cerise qui culmine fièrement sur cette pâtisserie qu'est l'existence et je laisse volontier les calories du gâteau à ceux qui en ont besoin pour nourrir leurs vies anorexiques. La mienne n'est pas vide de sens mais  en quête d'exceptions.
Cravachement,



Maîtresse Caly






Commentaires

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Deux regards pour une seule soirée - Debriefs de Princess et de Poivre pour "L'apéro des soubrettes"

Les fouets de Charon Delaforge